Sélection été 2019 Midi Libre

logo.pngDe Philippe Sollers à Eric Plamondon en passant par Laetitia Colombani, des libraires de la région proposent leurs coups de cœur. Bonnes lectures !
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Un K.-O. au Pays basque

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Oyana, c’est une jeune fille née au Pays basque français dont la vie va se transformer en destin pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment. Oyana d’Eric Plamondon, c’est l’histoire du peuple basque au cœur d’une mondialisation qui ne date pas d’hier. Oyana, c’est l’histoire de la violence. C’est aussi une histoire d’amour. Dans Oyana, il y a mille sujets de réflexion sur l’écriture de grande Histoire et des petites vies qui la portent. Mais Oyana, c’est surtout un très beau roman, à la frontière des genres et d’une grande simplicité apparente, qui vous prend à la première ligne et vous lâche à la dernière… totalement K.-O. ! Sophie Garayoa, Nouvelle librairie sétoise (Sète)

Oyana, Eric Plamondon, Quidam éditeur, Mars 2019. 16 €.

https://www.midilibre.fr/2019/07/09/litterature-decouvrez-la-selection-des-libraires-de-la-region-pour-bouquiner-tout-lete,8303877.php

Cinq romans pour voir la nature en grand

Des récits puissants et inspirants… À lire absolument.

Éco-militants sans foi ni loi, forestiers en rupture, grands espaces et petits arrangements… Chacun de ces récits aborde l’écologie sous l’angle de l’humain. Recommandations non-exhaustives des romans parfaits pour se mettre au vert, beau temps ou pas, et de réfléchir aux enjeux liés à la nature.

AMERS INDIENS

Catherine Castro à propos de Taqawan d’Eric Plamondon, éd. Le livre de poche et Quidam.
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Dans la pure atmosphère de la littérature des grands espaces, on avance dans le livre comme en voyage en terre inconnue. Dépaysant, passionnant, engagé.

Plamondon à La Rochelle

https://www.sudouest.fr/2019/05/14/la-rochelle-dedicace-de-l-ecrivain-eric-plamondon-6074774-1391.php

La Rochelle : dédicace de l’écrivain Eric Plamondon, 15 mai 2019 à 19h00plamondon_oyana.png

Publié le  par Eric Chauveau.

 

Ne pas s’y méprendre en découvrant les deux couvertures des deux derniers ouvrages de  l’écrivain « québécois-français » Eric Plamondon. L’homme de 50 ans, avec dix années d’écriture assidue au compteur, ce, après différents métiers, n’est pas obsédé ou spécialiste des bestioles qui nagent. Pourtant, la baleine s’apprêtant à bondir de l’océan de « Oyana » (Quidam éditeur), après le saumon de « Taqawan » (même éditeur et prix France-Québec 2018 / Prix des chroniqueurs 2018 -Toulouse Polars du Sud / Honneur 2018 de la Cause littéraire), peut un peu interloquer.

Etant acquis que l’être humain sort de l’eau après une multitudes de modifications et qu’il a souvent encore un mal de chien à nager en eaux troubles ou à mettre la tête hors de l’eau, Eric Plamondon a pris la tenue de l’auteur de l’immersion complète, jusqu’à toucher tout au fond de ses racines, même indirectes et ignorées et donc à découvrir, comme l’a démontré « Taqawan », ouvrage édité récemment aussi en livre de poche.

La plongée dans et pour « Oyana », avec sa profondeur d’humanité, est aussi une proposition d’approche politique puisqu’il s’agit là d’une diagonale entre Montréal et le Pays Basque qui emprunte le trajet d’ETA en fin de course et de deux personnages. Eric Plamondon se plaît à dire qu’il ne veut pas proposer du tout cuit au lecteur, qu’il lui demande de travailler, à lui aussi. Cela ne peut que susciter du plaisir et de la passion, moteur à deux temps de l’auteur.

Eric Plamondon dédicacera « Oyana », mercredi 15 mai 2019, à 19 heures, à la librairie Calligrammes, 24 rue Chaudrier, La Rochelle.

OYANA dans ELLE : vrai polar de couple

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Oubliez « Starmania », le vrai Plamondon, c’est lui. Eric de son prénom, Québécois comme l’autre, il a emballé son monde l’année dernière avec « Taqawan », un irrésistible polar écolo chez les Indiens Micmacs. Pas tout à fait des documentaires, mais inspirés de la réalité, ses livres ont l’art du titre et le format modeste. Ils s’ouvrent comme des boîtes à outils, pleins de trucs inattendus et de poésie bricoleuse. Dans son nouveau récit, « Oyana », une ancienne militante basque s’est réinventé une vie au Québec.
« Oyana » séduit pourtant par ces capteurs multiples, cette manière de semer l’histoire à travers de petits cailloux, à la fois hommage à l’utopie euskara, puis constat terrible des morts inutiles, et enfin vrai polar de couple, amour et mensonge mêlés, qui ne livrera sa clé qu’au dernier instant.

Marguerite BAUX, Affaire d’ETA, Magazine hebdomaire , 26 avril 209, page 58.

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LA DÉBÂCLE (La Presse+)

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Par IRIS GAGNON-PARADIS, La Presse+, 27 mars 2019

Pour la première fois, Éric Plamondon s’aventure au-delà des terres américaines avec son cinquième roman, Oyana. Ce faisant, il trace l’aller-retour d’un exil physique et identitaire, dans une écriture épistolaire fragmentée dictée par l’urgence.

Le 3 mai 2018, l’ETA annonce sa dissolution. La fin de l’organisation armée basque indépendantiste amorce pour le personnage d’Oyana, qui vit à Montréal depuis 23 ans, un basculement vertigineux où elle se retrouve confrontée à la (fausse) identité qu’elle s’est forgée dans sa terre d’adoption et à l’urgence impérative du retour.

Dans ce cinquième roman, Éric Plamondon prend à nouveau comme porte d’entrée l’histoire avec un grand H pour mieux plonger au cœur d’un récit intimiste, ici celui d’Oyana qui, forcée de fuir son Pays basque natal, se réinvente une vie à Montréal avec son mari, Xavier.

« Ce qui m’intéressait, c’est le basculement. Ce que c’est de vivre avec le secret, le non-dit, et ce que cela provoque de commencer à le dire du jour au lendemain. »
— Éric Plamondon

« Pour moi, Oyana, c’est un barrage avec une petite fissure où perlent des gouttes d’eau où tout à coup tout éclate, et c’est la débâcle », résume l’auteur, joint au téléphone à Bordeaux, sa ville d’adoption depuis 23 ans.

ÉCRIRE L’URGENCE

Le projet de ce roman, explique l’auteur, est né lors de ses premières vacances dans les Pays basques. « À l’époque, j’étais en rédaction de maîtrise et je travaillais sur Moby Dick. J’arrive au Pays basque, et il y avait des baleines partout. C’était en 1996, un an après le référendum, il y avait là l’ETA, qui parlait d’indépendance… Bref, il y avait plein de liens et de fils qui se tissaient. »

Au gré des étés qu’il passe dans la région, il fomente le projet d’écrire un roman qui s’y déroulerait. « Je savais que je voulais faire des liens avec le Québec, mais sans savoir quelle forme ça prendrait. Et comme tous les projets qui mûrissent trop longtemps, à un moment donné, je ne savais plus comment j’allais m’en sortir avec cette histoire-là ! », relate-t-il.

La planche de salut est venue de Quidam éditeur, qui l’a convaincu de pondre un nouveau texte rapidement après la publication en 2018 de Taqawan. Et un peu à l’image de son premier roman Hongrie-Hollywood Express, qu’il a réussi à écrire en se fixant comme date butoir son 40e anniversaire, c’est grâce à cette urgence imposée qu’Oyana a finalement pris vie.

De cette urgence est née la forme épistolaire, alors que le roman se déploie par l’entremise d’une longue lettre fragmentée qu’Oyana écrit à son mari pour tenter de s’expliquer et, par le fait même, de mieux se comprendre.

« Une lettre, ça s’écrit vite, et je me suis retrouvé moi-même dans cette urgence qui correspondait vraiment à celle d’Oyana.
— Éric Plamondon

Si ce dernier a désiré écrire un roman épistolaire, la forme fragmentée à laquelle le lecteur a été habitué dans ses précédents ouvrages a fini par ressurgir, presque malgré lui. Aux missives d’Oyana se mêlent donc récits à la troisième personne et extraits de documents historiques comme des « explosions de morceaux de réel », une façon d’offrir d’autres points de vue, autant sur le personnage que sur l’histoire.

BALEINE, TOTEM RÉVÉLATEUR

La baleine qui orne la page couverture s’inscrit en filigrane dans le récit, totem porteur de ce rêve échoué de la jeune Oyana de suivre la route des baleines, et symbole de son retour initiatique vers sa terre natale. « C’est la force de cette image, de ce totem dont le nom en anglais – whale – évoque le wall, ce mur qu’il faut dépasser pour aller au-delà des apparences et voir ce qui se cache derrière. »

Difficile de ne pas voir un parallèle entre l’exil forcé d’Oyana de Bordeaux à Montréal et celui, tout à fait volontaire certes, de Plamondon, en chemin inverse. « Entièrement, acquiesce-t-il. C’est moi, mes questions, et cela nourrit totalement mon personnage. »

S’il a parcouru l’Amérique du loin de son Europe d’adoption dans ses précédents romans, il foule fictivement pour la première fois le sol européen avec Oyana… Non sans d’abord camper le récit dans le territoire québécois.

« Je voulais faire un roman qui se passait en France, mais dans mes premiers jets d’écriture, à la 25e page, Oyana prenait l’avion et atterrissait à Montréal ! C’était juste plus fort que moi ! J’ai donc tout viré de bord, en débutant l’histoire au Québec, puisque, de toute façon, j’y reviens tout le temps », conclut-il en riant.

Oyana, Éric Plamondon, Quidam éditeur, 2019, 152 pages.